Sensibiliser au quotidien des sourdaveugles

A l’occasion de la journée internationale de la surdicécité ce jeudi, l’UCBA distribuera des flyers dans certaines gares de Suisse pour sensibiliser les passants.


On parle de surdicécité lorsqu’une personne vit avec une atteinte simultanée de sa vue et de son ouïe. (Photo: AFP)

 

Dans le cadre de la journée de la surdicécité ce jeudi 27 juin, des fascicules seront distribués dans les gares de Lausanne, Genève, Neuchâtel, Zurich, St-Gall et Berne afin se sensibiliser le public au quotidien des quelque 50’000 personnes malentendante-malvoyante en Suisse.

Sur le flyer, un lien renverra à une vidéo où l’on voit une personne malvoyante et malentendante se préparer un chocolat froid. Trouver le cacao, ouvrir l’emballage, verser le lait sans qu’il ne déborde du verre: tels sont les défis auxquels elle doit notamment faire face.

 

Dans un communiqué, l’Union centrale suisse pour le bien des aveugles (UCBA) rappelle que les personnes atteintes de surdicécité ne peuvent compenser la perte de l’ouïe par la vue ou la perte de la vue par l’ouïe. Elles souffrent par ailleurs souvent d’isolement social.

source: (nxp/ats)

Des ateliers pour les aveugles et malvoyants à La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel

La section neuchâteloise de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants invite les personnes souffrant d’un handicap de la vue à des portes ouvertes à Neuchâtel et à La Chaux-de-Fonds pendant tout le mois de juin.


Aveugles et malvoyants sont souvent isolés et peinent à sortir de chez eux.David Marchon

 

Pour mieux se faire connaître, la section neuchâteloise de la Fédération suisse des aveugles et des malvoyants ouvre ses portes au public une fois par semaine durant tout le mois de juin, à Neuchâtel et à La Chaux-de-Fonds. Objectif de cette action: offrir des cours et des ateliers créatifs de bricolage aux personnes souffrant d’un handicap de la vue, dans des endroits conviviaux et avec un esprit de partage.

«Les aveugles et malvoyants sont des gens qui n’ont pratiquement pas de visites, qui sont isolés. Ils auront ainsi l’occasion de partager leur vécu», explique Clémentine Tschappat, formatrice au sein de la Fédération, en précisant qu’elle a également envie de les «faire sortir» et de partager ses connaissances avec eux.

Ces activités créatives sont encadrées par des responsables qualifiés et adaptées aux besoins des personnes aveugles ou malvoyantes, ainsi qu’aux diverses classes d’âge. «De nombreux participants se sont déjà découvert des talents insoupçonnés dans diverses techniques artisanales, textiles ou figuratives, toutes adaptées aux handicaps visuels», assure Clémentine Tschappat.

INFOS PRATIQUES

Neuchâtel: les mercredis 5, 19 et 26 juin de 14h30 à 17h, paroisse Saint-Norbert, rue de la Dîme 81. Renseignements au 079 156 51 62.
La Chaux-de-Fonds: chaque jeudi de juin de 14h à 16h30, rue du Doubs 107. Renseignements au 079 156 53 11.

Source: Arcinfo.ch

Sursauter à l’arrêt de bus pour le bien des aveugles

par Lucie Fehlbaum – Les bornes d’info des transports publics ont désormais une voix. Les aveugles disposent d’une télécommande pour la déclencher.


 

La foule est compacte à l’arrêt TPG. Il est 17h30, les travailleurs rentrent chez eux, les élèves d’un collège tout proche traînent encore un peu. Sortie de nulle part, une voix robotique s’élève: «ligne 43, en direction de Loëx-Hôpital, prochain départ dans 2 minutes». Sursaut général. Qui a parlé?

La scène se reproduit régulièrement depuis deux mois et les Genevois feraient mieux de s’y habituer. Cette soudaine effusion vocale des bornes d’informations TPG est indispensable aux personnes aveugles et très malvoyantes. Elles disposent d’une télécommande qui enclenche la fonction. Plus de doute possible sur la ligne et la destination, ni sur le temps d’attente. «Nous avons testé ce dispositif dès novembre avec l’Association pour le Bien des aveugles (ABA), indique François Mutter, porte-parole des TPG. Le test a été concluant et nous avons fini d’équiper nos 180 bornes au début du printemps.»

«Nous souhaitions du son depuis longtemps, se réjouit Bernard Jost, chargé de projet à l’ABA. Cela existe à Berne sous la forme d’un bouton posé sur la borne. A Genève, les autorités sont parties du principe que les gens appuieraient dessus en boucle pour casser les pieds de tout le monde. Nous avons trouvé le compromis de la télécommande.» Pas plus grande qu’une pièce de 5 francs, elle sera utile à 200 utilisateurs. Pour l’heure, l’ABA en a distribué à 50 de ses membres. «Les TPG nous ont offert les 100 premières, que nous distribuons petit à petit. Nous achèterons les 100 suivantes grâce à nos soutiens.» Seul regret de Bernard Jost, l’objet est destiné aux seuls autochtones. «Avec une application, les touristes très malvoyants ou aveugles pourraient géolocaliser les bornes et enclencher la fonction vocale par Bluetooth,» imagine-t-il.

Source: 20min.ch

Un voyageur aveugle face aux obstacles

Mieux vaut être solide sur ses pieds lorsqu’on emprunte le nouveau Duplex TGL, mis en service en Suisse alémanique sur une ligne. Un recours d’Inclusion handicap contre le wagon est pendant au Tribunal fédéral.


L’ouverture des portes, l’escalier intérieur, le marchepied: autant de chausse-trapes que le voyageur aveugle Gerd Bingemann doit éviter dans le nouveau train duplex.
Images CHARLY RAPPO

 

Gerd Bingemann se penche sur le bouton d’ouverture des portes du train qui vient de s’immobiliser en gare de Wil (SG). «C’est une bonne idée, le signal sonore, mais vous l’entendez, vous?» C’est le début d’un voyage jusqu’à Saint-Gall et retour, durant lequel le juriste de 58 ans, aveugle, explique quelques-unes des raisons ayant poussé l’organisation faîtière Inclusion handicap à recourir au Tribunal fédéral contre le nouveau train à deux étages des CFF.

Depuis février 2018, cinq trains duplex pour le trafic grandes lignes roulent entre Coire et Bâle par Zurich et Saint-Gall. «Cette ligne impose l’utilisation de véhicules à fortes accélérations pour permettre le respect de l’horaire», expliquent les CFF dans une documentation en ligne, comme pour s’excuser d’utiliser un matériel qui n’est pas encore au point.

Depuis le premier retard constaté en 2012, les mauvaises nouvelles n’ont fait que s’accumuler pour le train construit par le Canadien Bombardier.

Volume sonore très faible

Mais les dérangements – les Alémaniques ont surnommé le train Pannenzug, «train à pannes» – ne sont pas ce qui irrite le plus Gerd Bingemann. Musicien, licencié en droit, ancien judoka, devenu progressivement aveugle en raison d’une maladie héréditaire, notre guide travaille à l’Union centrale suisse pour le bien des aveugles. Pour lui, le nouveau Dosto FV est surtout synonyme d’erreurs de conception.

Retour à l’entrée du wagon. Un bip-bip est effectivement perceptible, mais il faut presque coller son visage au bouton d’ouverture pour l’entendre. Or le signal acoustique devrait être audible à une distance de deux mètres.

Nouveau problème, mais pour les malentendants, à l’entrée du train: les reflets sur la vitre du tableau digital sont éblouissants. Il faut chercher le bon angle pour lire les informations. Les CFF ont promis de corriger très vite ce point très important.

Trompeuse main courante

Qui voit bien, entend bien et marche sur ses deux jambes ne fera peut-être pas attention au prochain obstacle. Il est, toutefois, permis de penser que des personnes sans problème de motricité risquent elles aussi la chute, surtout si elles ont le nez fixé sur un téléphone portable. La main courante des escaliers reliant les deux étages du train n’a, en effet, pas la même longueur des deux côtés des marches. Lorsque l’on descend du côté le plus large, comme le fait l’écrasante majorité des voyageurs, et que la main arrive au bas de la rampe, le passager considère instinctivement qu’il est arrivé au bas des escaliers. Mais ce n’est pas le cas: il reste encore deux marches.


La main de Gerd Bingemann arrive au bas de la rampe, il considère instinctivement qu’il est arrivé au bas des escaliers. Mais ce n’est pas le cas: il reste encore deux marches.

 

«De plus, lorsque vous arrivez à éviter la chute et à conserver tant bien que mal votre équilibre, vous atterrissez sur un plan incliné», explique Gerd Bingemann. La fameuse rampe d’entrée, inclinée à 15%, prévue pour les personnes en chaise roulante et contestée par Inclusion handicap.

«Les concepteurs nous ont expliqué que la main courante devait stopper à cet endroit-là pour une question de largeur de la voie de fuite, poursuit le juriste. Mais c’est insensé de laisser les gens risquer de tomber à cause d’une norme!»

A Saint-Gall, le train subit l’un des dérangements qui font dire aux CFF qu’ils «ne sont pas satisfaits des performances actuelles des nouveaux trains»: les portes ne s’ouvrent pas. Dans un rapport, publié début février, la régie indiquait que cet incident est responsable de plus d’un tiers des perturbations. Une dame confirme en soupirant: «Ça arrive tout le temps…»

Le contrôleur finit par ouvrir manuellement une porte depuis l’extérieur, mais sans pouvoir actionner la plaque faisant la jonction, au sol, entre le train et le quai. Il devra donc aider tous les passagers ayant quelque difficulté. Des personnes âgées doivent traverser tous les wagons pour parvenir à l’ouverture. Quant à Gerd, il confie: «Ils sont super, les contrôleurs, de nos jours!»


Suite à une pane le contrôleur finit par ouvrir manuellement une porte depuis l’extérieur, mais sans pouvoir actionner la plaque faisant la jonction, au sol, entre le train et le quai. Il devra donc aider tous les passagers ayant quelque difficulté.

 

Tous ces problèmes – il faudrait encore citer, entre autres, les porte-bagages à l’étage, auxquels les malvoyants se cognent la tête, ou des barres d’appui mal placées – auraient pu être évités, selon Gerd Bingemann. «Il est vrai que nous avons été consultés par les CFF tôt dans le processus. Certains des aspects ont été reproduits dans une maquette que nous avons pu visiter. Mais pour ce qui est des points sur lesquels le Tribunal fédéral devra se prononcer, soit ils n’étaient pas visibles, soit notre critique n’avait pas été prise en compte. D’où notre choc lors de la visite du wagon terminé, juste avant Noël 2017.»

Des points positifs aussi

Mais Gerd Bingemann tient à saluer les points positifs. «Les aveugles et malvoyants ont droit à un accompagnant gratuit, et le Call Center Handicap de Brigue, où nous pouvons commander de l’aide pour un trajet, fonctionne très bien.»

Il est l’heure de prendre le train du retour, direction Wil. «Pour des raisons techniques, le train n’est pas prêt à rouler», annonce-t-on dans le haut-parleur. Eclats de rires sur le quai. «Ah, celle-là, je ne l’avais pas encore entendue», commente Gerd Bingemann.

La loi est loin d’avoir été mise en œuvre

L’organisation faîtière Inclusion handicap fait recours au Tribunal fédéral pour défendre le droit, inscrit dans la loi sur l’égalité pour les handicapés (LHand), à l’accès autonome aux transports publics. Quinze ans après son adoption, la loi est encore loin d’avoir été mise en œuvre. Explications de Marc Moser, porte-parole d’Inclusion handicap.

Les autres trains des CFF, à un ou deux étages, sont-ils accessibles en toute autonomie par les personnes handicapées?

Cela dépend. Les plus vieux trains, soit ceux qui ont été mis en service avant l’adoption de la LHand, ne sont pas accessibles du tout. Depuis, la situation s’est beaucoup améliorée. Certains trains, à un et même à deux étages, sont accessibles pour les personnes avec un handicap. Les trains à deux étages plus anciens sont même utilisables par les personnes en chaise roulante sans aide extérieure. Il est donc tout à fait possible de construire des trains duplex sans obstacle.

Est-ce que le public comprend le besoin d’autonomie des handicapés?

La compréhension existe, mais partiellement. Elle peut diminuer durant les heures de pointe par exemple. Et, souvent, les gens ne comprennent pas qu’une personne en chaise roulante ou malvoyante ne veut pas dépendre systématiquement d’aide extérieure.

La LHand est entrée en vigueur en 2004. Quel bilan tirez-vous?

La majorité des cantons et des communes ont du retard. Cela concerne surtout les arrêts de bus. Actuellement, nous estimons que seuls 5% d’entre eux sont conformes à la loi. Il est d’ores et déjà évident que le délai pour l’adaptation, qui court jusqu’en 2023, ne sera pas tenu. Pendant des années, les autorités et les compagnies de transport ont dormi. Nous venons d’intervenir à Bâle-Ville où un projet de réaménagement devant la gare ne tenait pas compte des personnes avec handicap. Le département concerné a décidé de corriger le projet.

En ce qui concerne le transport ferroviaire, Inclusion handicap constate un développement globalement positif. Nous reconnaissons l’engagement des CFF en faveur de l’égalité pour les personnes handicapées. Malheureusement, dans le cas des Duplex TGL, cet engagement n’a pas été suffisant.

Handicapés consultés

Les CFF estiment avoir correctement intégré les organisations de personnes handicapées. Outre la maquette en bois grandeur nature de 2011, «la visite d’un vrai wagon avait été réalisée «le plus tôt possible», rappelle le porte-parole Frédéric Revaz. Concernant la norme européenne STI-PMR, qui autorise une pente maximale de 15% pour la rampe d’entrée, le porte-parole rappelle qu’«il s’agit du droit suisse». Elle avait été intégrée à l’ordonnance sur les chemins de fer, ce qu’avait reconnu le Tribunal administratif fédéral lorsqu’il a rejeté la plupart des revendications d’Inclusion handicap.

L’organisation a abandonné deux des quinze points jugés lacunaires et trouvé un accord avec les CFF sur quatre autres. Les neuf derniers forment le recours au Tribunal fédéral déposé en janvier.

Source: Le Nouvelliste

La vie d’un chien-guide avant et après son activité

La famille d’accueil: une étape cruciale

La Suisse compte quatre écoles de chiens-guides d’aveugles dont le rôle est de former des chiens à un métier: celui d’accompagner des personnes aveugles ou malvoyantes pendant une bonne partie de leur existence. Mais quelle est la vie de ces chiens avant et après leur activité professionnelle? Pour en savoir plus, tactuel s’est entretenu avec Madame Christine Baroni-Pretsch, directrice de la Fondation romande pour chiens guides d’aveugles.

Par Carol Lagrange

Madame Baroni-Pretsch, pourriez-vous nous expliquer quelles sont les majeures étapes de la vie d’un chien-guide?

Chez nous, la première étape se situe déjà avant la naissance d’un chien-guide. Nous avons un programme d’élevage depuis vingt ans qui nous permet d’avoir des labradors retriever qui remplissent les critères d’un chien-guide. Issus de notre propre élevage ou de collaborations avec d’autres écoles pour obtenir de bons reproducteurs, tous les chiots naissent après soixante jours de gestation. Ils restent à la nurserie pendant neuf semaines au cours desquelles ils bénéficient déjà de contacts humains par le biais de bénévoles responsables de leur socialisation précoce. A sept semaines, les responsables de l’élevage font déjà passer un test de tempérament aux chiots pour savoir à qui ils vont être attribués. En effet, dès neuf semaines et pendant quinze à dix-huit mois, les chiots vont être placés dans des familles de parrainage qui auront suivi une formation préalable pour les accueillir. A la fin de cette période, les chiens retournent à la Fondation pour être évalués pendant deux à trois semaines dans différentes situations. C’est à ce moment-là que se joue l’avenir ou, pour certains, la carrière du chien.

Les meilleurs d’entre eux (moins de 10%) rentrent dans le programme d’élevage, certains sont réformés et deviennent chiens d’assistance ou vont dans des familles, tandis qu’un chien sur deux peut commencer sa formation de chien-guide. Pendant dix à douze mois, le labrador en formation est attribué à un instructeur. A la fin de sa formation, le chien-guide doit passer un examen interne, puis un autre examen par un expert de l’AI. S’il réussit les deux examens, l’instructeur se rend ensuite avec lui pendant trois semaines au domicile de son futur détenteur pour un cours d’introduction à raison de six à sept heures par jour. Après six mois, un expert mandaté par l’OFAS fait une expertise du chien avec son détenteur, en présence de l’instructeur. Puis s’ensuit une longue période d’activité professionnelle pour le chien, jusqu’à environ ses 11-12 ans. A sa retraite, soit le détenteur ou un proche décide de le garder comme chien de compagnie, soit il est placé dans une famille d’accueil. A moyen terme, nous avons aussi le projet de créer un lieu de vie temporaire pour ces chiens âgés.

Tous ces stades sont évidemment très importants dans la vie d’un chien. Mais revenons-en à l’étape de la famille de parrainage. Quels sont les critères pour pouvoir accueillir un chiot pendant plus d’une année?

Il faut avant tout faire preuve d’une grande disponibilité, car ces chiens ne doivent pas rester seuls. Cela signifie que le chien doit suivre la famille partout: au travail si nécessaire, en vacances, dans les transports publics, au cinéma, etc. Les familles de parrainage doivent également s’engager à se rendre deux fois par semaine dans une ville d’au moins 10’000 habitants et à y emprunter les transports publics afin que le chien s’habitue au bruit et aux déplacements. Pas besoin d’avoir de l’expérience, car nous dispensons des formations et suivons ces familles de près pendant toute la période d’accueil. Si une famille possède déjà des animaux, cela ne constitue en général pas un problème. Néanmoins, s’il s’agit d’un autre chien, la Fondation doit alors évaluer si ce chien a un comportement adéquat et plus ou moins équivalent à celui que devrait avoir un chien-guide afin de laisser toutes les chances à ce dernier de poursuivre une carrière. Enfin, il faut avoir 18 ans révolus et une bonne santé physique pour pouvoir parrainer un chiot.

Est-ce que ces familles jouent un rôle dans l’éducation des chiens-guides?

Les familles de parrainage ont une très grande responsabilité pendant quinze à dix-huit mois puisque c’est pendant cette période que le chien va prendre des habitudes. En premier lieu leur incombe l’éducation de base. Elles doivent apprendre la propreté au chien, lui faire faire ses besoins à la laisse sur commande et sur les grilles d’écoulement, puis elles doivent lui enseigner à obéir à des ordres simples comme « assis », « couché », « reviens », « reste » et à donner des objets. Ne pas sauter sur les gens, ne pas aboyer, être patient, marcher agréablement en laisse font partie du comportement social adéquat qu’un futur chien-guide doit avoir. Les familles s’engagent également à effectuer les visites de routine chez le vétérinaire. A côté de ces principes d’éducation, les familles doivent montrer au chien toutes sortes de situations de vie possibles. Elles doivent prendre les transports publics, traverser les passages piétons en ligne droite, aller dans des centres commerciaux, prendre des escaliers, des ascenseurs, aller au théâtre, apprendre au chien à ne pas ramasser des choses par terre afin qu’il ne soit pas distrait de sa mission. Toutes ces obligations sont bien sûr spécifiées dans des contrats que nous signons avec nos familles de parrainage.

Comment se passe ensuite la transition de la famille de parrainage à la Fondation?

C’est évidemment souvent un moment difficile et émouvant et on ne peut sous-estimer ici l’engagement incroyable de ces familles pendant ce laps de temps défini. Lorsqu’un chien entre en formation, l’instructeur va généralement téléphoner à la famille pour donner des nouvelles du chien et l’inviter, après les deux examens accomplis, à venir voir ce que le chien arrive à faire. Mais il s’agit d’une invitation unique, car nous souhaitons éviter du stress aussi bien au chien qu’à la famille.

Dans un cas sur deux, comme vous le disiez, le chien suit ensuite une formation de chien-guide avant d’être confié à une personne aveugle ou malvoyante pendant près de dix ans. A sa retraite, est-ce qu’il peut retourner dans sa famille de parrainage?

C’est une éventualité, mais elle est assez rare. En effet, entre-temps, plus de dix années se sont écoulées et la famille de parrainage n’a peut-être plus la même disponibilité qu’avant. Ce sont généralement d’autres familles d’accueil qui prennent le relais pour s’occuper de ces chiens âgés. Ces derniers n’ont pas de besoins particuliers, hormis le fait qu’il est préférable de ne pas les laisser trop longtemps seuls, vu qu’ils n’en ont pas l’habitude.

Madame Baroni-Pretsch, on se rend compte des efforts que doit fournir une famille de parrainage et de sa responsabilité limitée dans le temps. Auriez-vous peut-être encore un message à faire passer?

Oui, j’aimerais qu’on évite de toujours demander aux familles si ce n’est pas trop dur de rendre leur chien, mais plutôt qu’on leur dise simplement merci pour leur extraordinaire solidarité!

Merci pour cet entretien!

Les écoles de chiens-guides sont en permanence à la recherche de familles de parrainage bénévoles qui accueillent un chiot chez eux pendant environ quinze mois pour le socialiser et lui donner une bonne éducation de base. En Suisse romande, des séances d’information ont lieu tous les deux mois à Brenles. Plus d’informations sur www.chienguide.ch

Source de l’article tactuel.ch