Il empiète sur les lignes de guidages dévolues aux malvoyants, mais on ne lui en veut pas…

Six mois après son marquage, le guidage pour aveugles est contrarié par une installation artistique, sur la place de la Gare de Bienne. La faute à l’artiste Thomas Hirschhorn? «Pas du tout! Sa sculpture a été planifiée lorsque le guidage n’existait pas», rectifie Esther Garo, la malvoyante qui a conduit le projet de lignes blanches.


La sculpture de l’artiste se construit sur les lignes blanches dévolues aux malvoyants. L’artiste est pourtant dédouané.


En sortant de la gare, le lignage tactilo-visuel haut de 3 millimètres à l’usage des malvoyants est temporairement interrompu. Pour accéder aux bus et aux trolleys, il convient de contourner l’amas de palettes. Image: DR

 

En sortant de la gare, le lignage tactilo-visuel haut de 3 millimètres mène aux bus et aux trolleys, à condition désormais de contourner l’amas de palettes qui sert d’infrastructure à la Robert Walser-Sculpture imaginée par Thomas Hirschhorn, invité par l’association Expositions suisses de sculpture.

Quelqu’un d’attentif

La signalétique en relief posée à la va-vite sur la place de Gare satisfait Esther Garo: «Nous avons trouvé en Thomas Hirschhorn quelqu’un de très attentif aux préoccupations des handicapés», indique-t-elle. La preuve: des rampes accessibles en chaises roulantes apparaissent dans la structure en construction, l’ouverture de l’exposition étant fixée au 15 juin.

L’interruption du lignage tactile est désormais signalée sur le sol et ceux qui tiennent une canne blanche n’ont qu’à suivre les palissades pour retrouver leur chemin. Sur le grillage, les voyants sont sensibilisés à la déficience visuelle: «Les règles: Garder les chemins dégagés. Ne mettez rien contre le mur. Prêter assistance», indiquent les affiches jaunes.

source:(lematin.ch)

Prix Pionnier 2019: firme biennoise primée

Optimo Medical a décroché le Prix Pionnier 2019, doté de 100’000 francs. Fondée en 2015, l’entreprise a développé un logiciel qui aide les chirurgiens à planifier des opérations de la cataracte de manière individualisée.


La firme Optimo Medical a été récompensée pour un logiciel qui permet une opération virtuelle sur une réplique exacte de l’oeil du patient avant la «vraie» intervention. (Photo: DR/Optimo Medical)

 

L’outil a été mis au point avec des hautes écoles suisses et internationales et des spécialistes de la chirurgie des yeux, ont communiqué mardi la fondation du parc technologique de Zurich Technopark et la Banque cantonale zurichoise, derrière le prix. Le logiciel a été mis sur le marché européen en mars 2018.

Concrètement, cette technologie permet de simuler la cataracte du patient sur ordinateur. Le chirurgien peut alors effectuer une opération virtuelle sur une réplique exacte de l’oeil avant la «vraie» intervention et maîtriser au mieux tous les paramètres, avec de meilleurs résultats à la clé.

Intervention courante

L’opération de la cataracte est l’une des interventions chirurgicales les plus courantes.

Plus de 50’000 personnes sont opérées chaque jour dans le monde et 60’000 à 70’000 par an en Suisse.

Deux autres sociétés ont été distinguées. Les start-ups 9t labs et Dicronis, toutes deux basées à Zurich, reçoivent chacune 10’000 francs. La première a mis au point un produit pour mesurer l’activité lymphatique, tandis que Dicronis a conçu une imprimante 3D pouvant fabriquer des composants en carbone.

Source (nxp/ats)

100 chanteurs Gospel et musiciens sur scène au profit du GRSA

De retour après une présence remarquée lors de « Lumina 2017 » à St-Maurice, le Spirit of Hope fête ses 25 ans d’existence au Théâtre du Martolet le 4 mai à 16h30. Pour l’occasion il sera entouré de l’Orchestre Philarmonique du Collège de Wettingen. Cet événement exceptionnel est unique et public (chapeau à la sortie) au profit du GRSA (Groupement Romand des skieurs aveugles et malvoyants) qui fête également 50 ans d’existence en 2019.

Les 25 ans du “Spirit of Hope”

Le Spirit of Hope fait désormais partie des Chœurs Gospel qui comptent en Suisse. Il se trouve que St-Maurice (VS) est jumelée à Obersiggenthal (AG) et que c’est justement dans cette localité qu’a été créé il y a 25 ans le Spirit of Hope. Avec les années, le chœur a développé sa joie de chanter, un style fait de puissance, de cœur et de conviction pour un répertoire qui nous embarque entre classique et contemporain. A St-Maurice le 4 mai, les 60 chanteurs et musiciens seront accompagnés par 40 jeunes du Philamonischer Orchester Kantonsschule Wettingen pour une prestation unique dans le cadre des Jubilés de « Spirit of Hope » et du « GRSA ».

Écouter un extrait de la play-list du Spirit of Hope sur le site www.spiritofhope.ch

Les 50 ans du GRSA

Le Groupement romand de skieurs aveugles et malvoyants (GRSA) qui pour célébrer ses 50 ans invite le public et ses membres à découvrir le nouveau programme de « Spirit of Hop » a été fondé à Lausanne le 9 mai 1969. Il compte 380 membres répartit dans toute la Suisse. Le but du groupement est de favoriser la pratique du ski et de ses dérivés pour les personnes en situation de handicap visuel. La personne concernée (veste jaune) et son guide (veste rouge) forment un tandem durant une activité. Ils partagent en toute sécurité les joies de la glisse, dans un esprit de complicité. Durant une saison le groupement cumule au total près de 900 jours de ski.

Visiter le site du Groupement romand de skieurs aveugles et malvoyants (GRSA)

Le challenge est de se mobiliser en faveur du GRSA et remplir les 900 places du Théâtre du Martoret à St-Maurice, pour assister à 1h45 de pur plaisir vocal et musical.

Pour soutenir cet événement vous pouvez télécharger et diffuser ce flyer auprès de tous

Écouter le flash spécial de Radio Chablais partenaire de cet événement

Un voyageur aveugle face aux obstacles

Mieux vaut être solide sur ses pieds lorsqu’on emprunte le nouveau Duplex TGL, mis en service en Suisse alémanique sur une ligne. Un recours d’Inclusion handicap contre le wagon est pendant au Tribunal fédéral.


L’ouverture des portes, l’escalier intérieur, le marchepied: autant de chausse-trapes que le voyageur aveugle Gerd Bingemann doit éviter dans le nouveau train duplex.
Images CHARLY RAPPO

 

Gerd Bingemann se penche sur le bouton d’ouverture des portes du train qui vient de s’immobiliser en gare de Wil (SG). «C’est une bonne idée, le signal sonore, mais vous l’entendez, vous?» C’est le début d’un voyage jusqu’à Saint-Gall et retour, durant lequel le juriste de 58 ans, aveugle, explique quelques-unes des raisons ayant poussé l’organisation faîtière Inclusion handicap à recourir au Tribunal fédéral contre le nouveau train à deux étages des CFF.

Depuis février 2018, cinq trains duplex pour le trafic grandes lignes roulent entre Coire et Bâle par Zurich et Saint-Gall. «Cette ligne impose l’utilisation de véhicules à fortes accélérations pour permettre le respect de l’horaire», expliquent les CFF dans une documentation en ligne, comme pour s’excuser d’utiliser un matériel qui n’est pas encore au point.

Depuis le premier retard constaté en 2012, les mauvaises nouvelles n’ont fait que s’accumuler pour le train construit par le Canadien Bombardier.

Volume sonore très faible

Mais les dérangements – les Alémaniques ont surnommé le train Pannenzug, «train à pannes» – ne sont pas ce qui irrite le plus Gerd Bingemann. Musicien, licencié en droit, ancien judoka, devenu progressivement aveugle en raison d’une maladie héréditaire, notre guide travaille à l’Union centrale suisse pour le bien des aveugles. Pour lui, le nouveau Dosto FV est surtout synonyme d’erreurs de conception.

Retour à l’entrée du wagon. Un bip-bip est effectivement perceptible, mais il faut presque coller son visage au bouton d’ouverture pour l’entendre. Or le signal acoustique devrait être audible à une distance de deux mètres.

Nouveau problème, mais pour les malentendants, à l’entrée du train: les reflets sur la vitre du tableau digital sont éblouissants. Il faut chercher le bon angle pour lire les informations. Les CFF ont promis de corriger très vite ce point très important.

Trompeuse main courante

Qui voit bien, entend bien et marche sur ses deux jambes ne fera peut-être pas attention au prochain obstacle. Il est, toutefois, permis de penser que des personnes sans problème de motricité risquent elles aussi la chute, surtout si elles ont le nez fixé sur un téléphone portable. La main courante des escaliers reliant les deux étages du train n’a, en effet, pas la même longueur des deux côtés des marches. Lorsque l’on descend du côté le plus large, comme le fait l’écrasante majorité des voyageurs, et que la main arrive au bas de la rampe, le passager considère instinctivement qu’il est arrivé au bas des escaliers. Mais ce n’est pas le cas: il reste encore deux marches.


La main de Gerd Bingemann arrive au bas de la rampe, il considère instinctivement qu’il est arrivé au bas des escaliers. Mais ce n’est pas le cas: il reste encore deux marches.

 

«De plus, lorsque vous arrivez à éviter la chute et à conserver tant bien que mal votre équilibre, vous atterrissez sur un plan incliné», explique Gerd Bingemann. La fameuse rampe d’entrée, inclinée à 15%, prévue pour les personnes en chaise roulante et contestée par Inclusion handicap.

«Les concepteurs nous ont expliqué que la main courante devait stopper à cet endroit-là pour une question de largeur de la voie de fuite, poursuit le juriste. Mais c’est insensé de laisser les gens risquer de tomber à cause d’une norme!»

A Saint-Gall, le train subit l’un des dérangements qui font dire aux CFF qu’ils «ne sont pas satisfaits des performances actuelles des nouveaux trains»: les portes ne s’ouvrent pas. Dans un rapport, publié début février, la régie indiquait que cet incident est responsable de plus d’un tiers des perturbations. Une dame confirme en soupirant: «Ça arrive tout le temps…»

Le contrôleur finit par ouvrir manuellement une porte depuis l’extérieur, mais sans pouvoir actionner la plaque faisant la jonction, au sol, entre le train et le quai. Il devra donc aider tous les passagers ayant quelque difficulté. Des personnes âgées doivent traverser tous les wagons pour parvenir à l’ouverture. Quant à Gerd, il confie: «Ils sont super, les contrôleurs, de nos jours!»


Suite à une pane le contrôleur finit par ouvrir manuellement une porte depuis l’extérieur, mais sans pouvoir actionner la plaque faisant la jonction, au sol, entre le train et le quai. Il devra donc aider tous les passagers ayant quelque difficulté.

 

Tous ces problèmes – il faudrait encore citer, entre autres, les porte-bagages à l’étage, auxquels les malvoyants se cognent la tête, ou des barres d’appui mal placées – auraient pu être évités, selon Gerd Bingemann. «Il est vrai que nous avons été consultés par les CFF tôt dans le processus. Certains des aspects ont été reproduits dans une maquette que nous avons pu visiter. Mais pour ce qui est des points sur lesquels le Tribunal fédéral devra se prononcer, soit ils n’étaient pas visibles, soit notre critique n’avait pas été prise en compte. D’où notre choc lors de la visite du wagon terminé, juste avant Noël 2017.»

Des points positifs aussi

Mais Gerd Bingemann tient à saluer les points positifs. «Les aveugles et malvoyants ont droit à un accompagnant gratuit, et le Call Center Handicap de Brigue, où nous pouvons commander de l’aide pour un trajet, fonctionne très bien.»

Il est l’heure de prendre le train du retour, direction Wil. «Pour des raisons techniques, le train n’est pas prêt à rouler», annonce-t-on dans le haut-parleur. Eclats de rires sur le quai. «Ah, celle-là, je ne l’avais pas encore entendue», commente Gerd Bingemann.

La loi est loin d’avoir été mise en œuvre

L’organisation faîtière Inclusion handicap fait recours au Tribunal fédéral pour défendre le droit, inscrit dans la loi sur l’égalité pour les handicapés (LHand), à l’accès autonome aux transports publics. Quinze ans après son adoption, la loi est encore loin d’avoir été mise en œuvre. Explications de Marc Moser, porte-parole d’Inclusion handicap.

Les autres trains des CFF, à un ou deux étages, sont-ils accessibles en toute autonomie par les personnes handicapées?

Cela dépend. Les plus vieux trains, soit ceux qui ont été mis en service avant l’adoption de la LHand, ne sont pas accessibles du tout. Depuis, la situation s’est beaucoup améliorée. Certains trains, à un et même à deux étages, sont accessibles pour les personnes avec un handicap. Les trains à deux étages plus anciens sont même utilisables par les personnes en chaise roulante sans aide extérieure. Il est donc tout à fait possible de construire des trains duplex sans obstacle.

Est-ce que le public comprend le besoin d’autonomie des handicapés?

La compréhension existe, mais partiellement. Elle peut diminuer durant les heures de pointe par exemple. Et, souvent, les gens ne comprennent pas qu’une personne en chaise roulante ou malvoyante ne veut pas dépendre systématiquement d’aide extérieure.

La LHand est entrée en vigueur en 2004. Quel bilan tirez-vous?

La majorité des cantons et des communes ont du retard. Cela concerne surtout les arrêts de bus. Actuellement, nous estimons que seuls 5% d’entre eux sont conformes à la loi. Il est d’ores et déjà évident que le délai pour l’adaptation, qui court jusqu’en 2023, ne sera pas tenu. Pendant des années, les autorités et les compagnies de transport ont dormi. Nous venons d’intervenir à Bâle-Ville où un projet de réaménagement devant la gare ne tenait pas compte des personnes avec handicap. Le département concerné a décidé de corriger le projet.

En ce qui concerne le transport ferroviaire, Inclusion handicap constate un développement globalement positif. Nous reconnaissons l’engagement des CFF en faveur de l’égalité pour les personnes handicapées. Malheureusement, dans le cas des Duplex TGL, cet engagement n’a pas été suffisant.

Handicapés consultés

Les CFF estiment avoir correctement intégré les organisations de personnes handicapées. Outre la maquette en bois grandeur nature de 2011, «la visite d’un vrai wagon avait été réalisée «le plus tôt possible», rappelle le porte-parole Frédéric Revaz. Concernant la norme européenne STI-PMR, qui autorise une pente maximale de 15% pour la rampe d’entrée, le porte-parole rappelle qu’«il s’agit du droit suisse». Elle avait été intégrée à l’ordonnance sur les chemins de fer, ce qu’avait reconnu le Tribunal administratif fédéral lorsqu’il a rejeté la plupart des revendications d’Inclusion handicap.

L’organisation a abandonné deux des quinze points jugés lacunaires et trouvé un accord avec les CFF sur quatre autres. Les neuf derniers forment le recours au Tribunal fédéral déposé en janvier.

Source: Le Nouvelliste

La vie d’un chien-guide avant et après son activité

La famille d’accueil: une étape cruciale

La Suisse compte quatre écoles de chiens-guides d’aveugles dont le rôle est de former des chiens à un métier: celui d’accompagner des personnes aveugles ou malvoyantes pendant une bonne partie de leur existence. Mais quelle est la vie de ces chiens avant et après leur activité professionnelle? Pour en savoir plus, tactuel s’est entretenu avec Madame Christine Baroni-Pretsch, directrice de la Fondation romande pour chiens guides d’aveugles.

Par Carol Lagrange

Madame Baroni-Pretsch, pourriez-vous nous expliquer quelles sont les majeures étapes de la vie d’un chien-guide?

Chez nous, la première étape se situe déjà avant la naissance d’un chien-guide. Nous avons un programme d’élevage depuis vingt ans qui nous permet d’avoir des labradors retriever qui remplissent les critères d’un chien-guide. Issus de notre propre élevage ou de collaborations avec d’autres écoles pour obtenir de bons reproducteurs, tous les chiots naissent après soixante jours de gestation. Ils restent à la nurserie pendant neuf semaines au cours desquelles ils bénéficient déjà de contacts humains par le biais de bénévoles responsables de leur socialisation précoce. A sept semaines, les responsables de l’élevage font déjà passer un test de tempérament aux chiots pour savoir à qui ils vont être attribués. En effet, dès neuf semaines et pendant quinze à dix-huit mois, les chiots vont être placés dans des familles de parrainage qui auront suivi une formation préalable pour les accueillir. A la fin de cette période, les chiens retournent à la Fondation pour être évalués pendant deux à trois semaines dans différentes situations. C’est à ce moment-là que se joue l’avenir ou, pour certains, la carrière du chien.

Les meilleurs d’entre eux (moins de 10%) rentrent dans le programme d’élevage, certains sont réformés et deviennent chiens d’assistance ou vont dans des familles, tandis qu’un chien sur deux peut commencer sa formation de chien-guide. Pendant dix à douze mois, le labrador en formation est attribué à un instructeur. A la fin de sa formation, le chien-guide doit passer un examen interne, puis un autre examen par un expert de l’AI. S’il réussit les deux examens, l’instructeur se rend ensuite avec lui pendant trois semaines au domicile de son futur détenteur pour un cours d’introduction à raison de six à sept heures par jour. Après six mois, un expert mandaté par l’OFAS fait une expertise du chien avec son détenteur, en présence de l’instructeur. Puis s’ensuit une longue période d’activité professionnelle pour le chien, jusqu’à environ ses 11-12 ans. A sa retraite, soit le détenteur ou un proche décide de le garder comme chien de compagnie, soit il est placé dans une famille d’accueil. A moyen terme, nous avons aussi le projet de créer un lieu de vie temporaire pour ces chiens âgés.

Tous ces stades sont évidemment très importants dans la vie d’un chien. Mais revenons-en à l’étape de la famille de parrainage. Quels sont les critères pour pouvoir accueillir un chiot pendant plus d’une année?

Il faut avant tout faire preuve d’une grande disponibilité, car ces chiens ne doivent pas rester seuls. Cela signifie que le chien doit suivre la famille partout: au travail si nécessaire, en vacances, dans les transports publics, au cinéma, etc. Les familles de parrainage doivent également s’engager à se rendre deux fois par semaine dans une ville d’au moins 10’000 habitants et à y emprunter les transports publics afin que le chien s’habitue au bruit et aux déplacements. Pas besoin d’avoir de l’expérience, car nous dispensons des formations et suivons ces familles de près pendant toute la période d’accueil. Si une famille possède déjà des animaux, cela ne constitue en général pas un problème. Néanmoins, s’il s’agit d’un autre chien, la Fondation doit alors évaluer si ce chien a un comportement adéquat et plus ou moins équivalent à celui que devrait avoir un chien-guide afin de laisser toutes les chances à ce dernier de poursuivre une carrière. Enfin, il faut avoir 18 ans révolus et une bonne santé physique pour pouvoir parrainer un chiot.

Est-ce que ces familles jouent un rôle dans l’éducation des chiens-guides?

Les familles de parrainage ont une très grande responsabilité pendant quinze à dix-huit mois puisque c’est pendant cette période que le chien va prendre des habitudes. En premier lieu leur incombe l’éducation de base. Elles doivent apprendre la propreté au chien, lui faire faire ses besoins à la laisse sur commande et sur les grilles d’écoulement, puis elles doivent lui enseigner à obéir à des ordres simples comme « assis », « couché », « reviens », « reste » et à donner des objets. Ne pas sauter sur les gens, ne pas aboyer, être patient, marcher agréablement en laisse font partie du comportement social adéquat qu’un futur chien-guide doit avoir. Les familles s’engagent également à effectuer les visites de routine chez le vétérinaire. A côté de ces principes d’éducation, les familles doivent montrer au chien toutes sortes de situations de vie possibles. Elles doivent prendre les transports publics, traverser les passages piétons en ligne droite, aller dans des centres commerciaux, prendre des escaliers, des ascenseurs, aller au théâtre, apprendre au chien à ne pas ramasser des choses par terre afin qu’il ne soit pas distrait de sa mission. Toutes ces obligations sont bien sûr spécifiées dans des contrats que nous signons avec nos familles de parrainage.

Comment se passe ensuite la transition de la famille de parrainage à la Fondation?

C’est évidemment souvent un moment difficile et émouvant et on ne peut sous-estimer ici l’engagement incroyable de ces familles pendant ce laps de temps défini. Lorsqu’un chien entre en formation, l’instructeur va généralement téléphoner à la famille pour donner des nouvelles du chien et l’inviter, après les deux examens accomplis, à venir voir ce que le chien arrive à faire. Mais il s’agit d’une invitation unique, car nous souhaitons éviter du stress aussi bien au chien qu’à la famille.

Dans un cas sur deux, comme vous le disiez, le chien suit ensuite une formation de chien-guide avant d’être confié à une personne aveugle ou malvoyante pendant près de dix ans. A sa retraite, est-ce qu’il peut retourner dans sa famille de parrainage?

C’est une éventualité, mais elle est assez rare. En effet, entre-temps, plus de dix années se sont écoulées et la famille de parrainage n’a peut-être plus la même disponibilité qu’avant. Ce sont généralement d’autres familles d’accueil qui prennent le relais pour s’occuper de ces chiens âgés. Ces derniers n’ont pas de besoins particuliers, hormis le fait qu’il est préférable de ne pas les laisser trop longtemps seuls, vu qu’ils n’en ont pas l’habitude.

Madame Baroni-Pretsch, on se rend compte des efforts que doit fournir une famille de parrainage et de sa responsabilité limitée dans le temps. Auriez-vous peut-être encore un message à faire passer?

Oui, j’aimerais qu’on évite de toujours demander aux familles si ce n’est pas trop dur de rendre leur chien, mais plutôt qu’on leur dise simplement merci pour leur extraordinaire solidarité!

Merci pour cet entretien!

Les écoles de chiens-guides sont en permanence à la recherche de familles de parrainage bénévoles qui accueillent un chiot chez eux pendant environ quinze mois pour le socialiser et lui donner une bonne éducation de base. En Suisse romande, des séances d’information ont lieu tous les deux mois à Brenles. Plus d’informations sur www.chienguide.ch

Source de l’article tactuel.ch