La naissance des surfaces podotactiles

Seiichi Miyake, né en 1926 et mort en 1982, est un inventeur japonais. Il est connu pour avoir conçu les surfaces podotactiles, qui aident les piétons aveugles ou malvoyants à se déplacer.

En 1965, Miyake utilise ses propres fonds pour concevoir les briques tactiles. Les surfaces ont deux types : une avec avec des points et l’autre avec des lignes verticales. Les points indiques aux piétons qu’ils sont en danger, tandis que les barres verticales signifient qu’il est possible de continuer à avancer.

Deux ans plus tard, le 18 mars 1967, la ville d’Okayama est la première à installer cette invention pour les malvoyants.

10 ans plus tard, le système devient obligatoire dans les gares de la compagnie ferroviaire Japanese National Railways. Elles se sont ensuite progressivement répandues au Japon et dans le reste du monde.

En mémoire de l’inventeur le 18 mars 2019 un Google Doodle lui rend hommage.


Les surface podotactiles qui aident les piétons malvoyants à se déplacer.

 

Note:
Une surface podotactile, ou bande d’éveil de vigilance, est une surface présentant une texture que les piétons atteints d’une déficience visuelle peuvent reconnaître au toucher (par les pieds, au travers des chaussures, ou à la canne blanche), et dont on recouvre le sol de certains lieux publics pour leur signaler un danger : un obstacle, la sortie d’une zone sécurisée (principalement sur les trottoirs à l’entrée des passages piétons, et au bord des quais de voies ferrées), un changement de niveau (la bordure du trottoir, une ou plusieurs marches d’escalier), etc.

(KKG)

L’Atelier pour aveugles de Brigue (VS) qui n’employait aucun aveugle subit le contrecoup des articles de presse négatifs.

La publication d’un article de «Blick» a eu l’effet d’une bombe: début septembre, le quotidien alémanique écrivait que l’Atelier suisse des aveugles et des malvoyants de Brigue (VS) n’engageait aucun aveugle.


(Photo: SBWS)

 

La Fédération suisse des aveugles et malvoyants (FSA), la conseillère d’Etat valaisanne Esther Waeber-Kalbermatten tout comme l’Union centrale suisse pour le bien des aveugles (UCBA) s’étaient empressées de se distancier de l’établissement. Le groupe régional valaisan de la FSA continue pour sa part de soutenir l’atelier et l’AI n’exclut pas non plus de continuer sa collaboration.

«Grandes répercussions»

Reste que deux mois après les faits, nombre de clients semblent avoir été déstabilisés par les différents articles de presse, écrit le «Walliser Bote». Dans un entretien accordé la semaine dernière au quotidien haut-valaisan, Michael Kamphausen, responsable du personnel de l’atelier de Brigue, confie: «Les articles négatifs ont eu de grandes répercussions sur nos affaires.»

Contacté en ce début de semaine par «20 minutes», il confirme que le chiffre d’affaires a reculé de 55% depuis que cette affaire a éclaté. Pour y faire face, Michael Kamphausen explique aussi avoir déposé une demande de chômage partiel pour six personnes travaillant dans l’atelier. Or, cette demande vient d’être rejetée. «Nous ne recevons aucune aide financière pour maintenir les places de travail de nos collaborateurs handicapés. Nous devons donc nous en sortir par nos propres moyens.»

«C’est ça la source du problème»

Michael Kamphausen ajoute: «C’est d’autant plus regrettable que nous ne sommes pas responsables de cette situation. Notre réputation a subi de gros dommages après la publication de l’article de ‘Blick’. C’est ça la source du problème. Mais malheureusement, ça ne suffit pas pour toucher du chômage partiel.»

Pour finir, le responsable du personnel précise que la priorité consiste actuellement à regagner la confiance des clients afin qu’ils continuent à acheter leurs produits. Sinon, conclut-il, des emplois seraient menacés.

Handicap attesté

Dans un communiqué diffusé en octobre, le groupe régional Valais de la FSA rappelle que tous les employés de l’atelier de Brigue souffrent d’un handicap visuel attesté. Selon le caissier, Ernst Lochmatter, ce handicap leur rendrait la vie de tous les jours difficile. Confronté au fait qu’il n’y a pas d’aveugles dans l’atelier, il avait répondu en septembre dernier: «Nous ne trouvons simplement pas de non-voyants souhaitant travailler ici. La dernière personne aveugle ayant travaillé dans l’atelier à Brigue a 70 ans. De nos jours, les jeunes aveugles sont intégrés très tôt dans le monde professionnel. Ils ne s’intéressent donc pas aux postes offerts par l’atelier.»

Vente de produits importés

L’atelier de Brigue ne produit que des balais et des brosses. Cependant, il vend également des serviettes, des peignoirs ou des chaussettes importés d’Allemagne et d’Autriche. Ces produits, présentés sur le site de l’organisation et dans un catalogue, affichent des prix nettement supérieurs à la pratique. Et sans préciser qu’ils ne sont pas fabriqués à Brigue.

Interrogé à ce sujet par le «Walliser Bote», Michael Kamphausen explique: «Nous ne faisons volontairement pas la différence entre les articles produits en Suisse, en Autriche et en Allemagne parce que nous nous voyons comme une communauté.» Et d’ajouter: «D’une part, nous voulons informer correctement les gens et d’une autre part nous voulons garantir les postes de travail de nos employés. Et pour ça, ce n’est pas utile d’avoir des clients qui n’achètent plus que des produits d’une seule région.» Dans tous les cas, Kamphausen assure que le catalogue sera adapté afin d’éviter que les gens pensent que les produits sont uniquement fabriqués par des personnes totalement aveugles.

Et en ce qui concerne les prix supérieurs à la pratique, Kamphausen explique: «Nous sommes un employeur comme les autres. Nous ne recevons ni de soutiens financiers réguliers ni de dons. On ne peut donc pas comparer nos prix avec ceux pratiqués par des institutions subventionnées.»

source (20min.ch)

Nouveau train duplex: Inclusion Handicap et les CFF trouvent un accord extrajudiciaire sur quatre points


communiqué CFF

 

Les deux parties se sont accordées sur la résolution extrajudiciaire de quatre points litigieux relatifs au nouveau train duplex pour le trafic grandes lignes CFF. Les mesures qui seront mises en œuvre apporteront des améliorations pour les clientes et les clients malvoyants et malentendants. Le tribunal administratif fédéral devra statuer sur les onze autres points restants, parmi lesquels l’inclinaison des rampes.

Dans son recours contre l’autorisation d’exploitation limitée, Inclusion Handicap a soulevé au total quinze points litigieux concernant les nouveaux trains duplex pour le trafic grandes lignes parce que de son point de vue, ceux-ci débouchent sur une discrimination des personnes avec un handicap. Les CFF et Inclusion Handicap accordent une grande importance à un dialogue constructif et à une approche soucieuse de trouver des solutions. Dès le début de la procédure, ils se sont déclarés prêts à trouver des solutions à certains éléments en dehors de la procédure. Les deux parties se sont accordées à présent sur quatre mesures, qui seront réalisées en dehors de la procédure de recours en cours. Elles ont signé aujourd’hui une convention à ce sujet.

Les quatre mesures suivantes seront mises en œuvre: meilleure élimination des reflets générés par les écrans d’information clientèle à bord des trains, réalisation d’un système de guidage tactile complet, signalement de toutes les intercirculations afin d’éviter les risques de trébuchements, meilleur marquage des places réservées en priorité aux personnes à mobilité réduite.

La procédure de recours au Tribunal administratif fédéral se poursuit

En novembre 2017, l’Office fédéral des transports (OFT) a accordé une autorisation d’exploitation limitée pour les nouveaux trains duplex des CFF. L’association faîtière des organisations suisses de personnes handicapées Inclusion Handicap a fait recours contre cette décision en janvier 2018. Le 6 mars 2018, le Tribunal administratif fédéral a décidé que les CFF sont autorisés à transporter des voyageurs à bord de tous leurs nouveaux trains duplex pour le trafic grandes lignes. Dans cette décision incidente, le tribunal n’a toutefois pas encore jugé au fond les points litigieux. Les onze demandes restantes d’Inclusion Handicap sont partie intégrante de la procédure en cours.

Les négociations entre les CFF et Inclusion Handicap sont ainsi terminées. Le tribunal statuera sur les 11 revendications restantes, parmi lesquelles on trouve la question de l’inclinaison des rampes.

Les CFF et Inclusion Handicap collaborent de manière constructive sur de nombreux projets et à divers niveaux. Cette coopération se poursuivra, quelle que soit l’issue de la procédure. Les deux parties analyseront ensuite les structures de leur collaboration et les optimiseront si nécessaire.

Source (CFF)

Les voitures électriques devront faire du bruit

Une loi stipule que les voitures électriques feront du bruit à partir de la mi-2019. Pour la fédération suisse des aveugles, le règlement ne va pas assez loin.


La ministre des transports Doris Leuthard roule en voiture électrique depuis au moins janvier 2015. (Photo: Keystone)

 

Les voitures électriques devront faire du bruit sur les routes helvétiques dès la mi-2019, rapporte la NZZ am Sonntag. La Suisse a repris la législation européenne.

Un système acoustique, générant des bruits de moteur par des haut-parleurs externes étanches à l’eau, doit être installé, a indiqué Thomas Rohrbach, porte-parole de l’Office fédéral des routes (OFROU), confirmant à Keystone-ATS l’information du journal alémanique. Cela s’appliquera aux nouveaux modèles.

Cela vaudra aussi pour les nouveaux véhicules à pile à combustible et aux voitures hybrides. A partir de 2021, les modèles fonctionnant avec l’ancienne technologie devront aussi être tous être vendus avec ce nouvel équipement («Acoustic Vehicle Alerting System»). En revanche, les voitures électriques déjà en circulation ne devront pas être adaptées.

Le son émis par les haut-parleurs est cependant nettement plus faible que le bruit engendré par les moteurs à benzine ou diesel. Cette mesure ne constitue donc pas une nouvelle brèche dans la problématique du bruit, selon le porte-parole de l’OFROU.

Important pour les malvoyants

Ce système acoustique est très important pour les aveugles et malvoyants. Les modes de transport silencieux représentent en effet un grand danger pour cette catégorie de personnes, selon Alfred Rickli, porte-parole de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants.

La fédération veut cependant que la Suisse aille plus loin que les exigences de l’Union européenne (UE), notamment en obligeant les voitures à l’arrêt à faire du bruit. Les vélos électriques rapides devraient aussi être astreints à la nouvelle directive européenne. Sur les 4,5 millions de voitures répertoriées à la fin 2017 en Suisse, seules 15’000 d’entre elles étaient électriques et 67’000 hybrides.

L’OFROU relève que 98,5% des véhicules qui sont mises sur le marché en Suisse correspondent aux normes de l’UE. Faire cavalier seul s’avérerait relativement difficile à appliquer. Des accords devraient être résiliés.

Concernant les demandes de la Fédération des aveugles pour les vélos électriques rapides, le porte-parole précise qu’il n’y a rien de prévu sur ce plan-là en Suisse. Une éventuelle obligation de disposer d’un phare allumé de jour est à l’étude.

Source (nxp/ats)

De plus en plus d’Anglais perdent la vue à cause de leurs lentilles

Une étude britannique révèle que les cas de kératite à acanthomoeba, une grave infection de la cornée, ont été décuplés ces dernières années chez les porteurs de verres de contact. Première responsable: une mauvaise hygiène.

Elle est rare, mais grave. Et elle se développe de manière alarmante. Depuis 2011, le nombre de cas de kératite à acanthomoeba a presque triplé chez les porteurs de lentilles de contact britanniques, révèle une étude de l’University College de Londres. Epidémie inquiétante puisque cette infection oculaire peut entraîner la cécité. Un quart des des personnes touchées ont besoin d’une greffe de cornée pour traiter la maladie ou rétablir leur vision, précise le site Pourquoi docteur?.

Selon ces travaux parus dans le «British Journal of Ophthalmology», le nombre de kératites à acanthomoeba est passé de 8 à 10 cas par an, au début des années 2000, à 36 à 65 cas annuels ces dernières années, affirme le site Topsanté. Mais c’est au cours des sept dernières années qu’il a tout particulièrement augmenté. Les chercheurs ont recueilli leurs données auprès du Moorfields Eye Hospital, le centre hospitalier d’ophtalmologie qui traite 30% des infections oculaires de Grande-Bretagne.

Lentilles jetables moins risquées

Ce sont les porteurs de lentilles réutilisables qui courent le plus de risque, note l’étude. En effet, des analyses ont révélé que l’acanthomoeba, parasite de type protozoaire, se trouve fréquemment dans l’eau du robinet en Grande-Bretagne. Ce micro-organisme peut aussi proliférer dans les piscines et les jacuzzis. Les étuis à lentilles, lorsqu’ils ne sont pas changés assez souvent ou régulièrement désinfectés, peuvent aussi être à l’origine de l’infection. Tout comme le fait de porter des verres de contact périmés. Mais le premier facteur de risque reste une mauvaise hygiène.

Malgré l’augmentation du nombre de cas, la kératite à l’acanthamoeba reste rare outre-Manche (2,5 porteurs de lentilles sur 100’000 par an dans le sud-est de l’Angleterre). Il en va de même en Suisse. L’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin, à Lausanne, n’a pas noté de hausse du nombre d’infections, confirme son service de presse. Celui-ci rappelle néanmoins l’importance des bonnes pratiques en matière d’utilisation de verres de contact: respecter la durée de port et la fréquence de renouvellement, se laver les mains avant chaque manipulation, suivre les consignes d’entretien, retirer les lentilles avant toute activité aquatique, ne pas les mettre (ni l’étui) au contact de l’eau ou de la salive et ne jamais dormir avec ses lentilles.

Source:20min

Colère et déception autour de l’atelier pour aveugles

Les autorités valaisannes ainsi que la Fédération Suisse des Aveugles réclament des comptes à l’atelier de Brigue.


L’Atelier suisse des aveugles et des malvoyants à Brigue traverse une mauvaise passe. (Photo: SBSW)

 

Les révélations sur l’Atelier suisse des aveugles et des malvoyants à Brigue (VS) ont provoqué une onde de choc. Ainsi que de multiples réactions, comme s’en est fait l’écho le Blick.

Jocelyne Pepin, membre de la direction de la promotion économique du canton du Valais, n’a pas apprécié que l’atelier continue de se prévaloir de la recommandation donnée en 2005. «C’est très regrettable. Nous allons soumettre le site à une inspection et nous vérifierons également si l’entreprise continue à faire de la publicité avec notre recommandation, quitte à prendre des mesures appropriées.»

Elle souligne également que le dernier contact avec l’atelier remonte au 27 juin 2006. «C’était un courrier électronique pour un permis de travail.»

Mise au point de la Fédération

La Fédération Suisse des Aveugles explique également n’avoir aucun rapport avec l’atelier de Brigue. «Nous leur avons demandé en 2015 de supprimer notre nom de toutes leurs publications sur papier et sur internet», déclare le directeur Jvano Del Degan. Qui n’exclut plus «d’entreprendre des démarches juridiques».

Il apporte en revanche tout son soutien au groupe régional Valais. Mais il faut remettre en cause la participation de 20% qui est détenue dans l’entreprise, ajoute le directeur.

L’atelier organise une journée portes ouvertes jeudi, rappelle Ernst Lochmatter, caissier du groupe régional Valais. L’occasion peut-être de répondre à quelques questions.

Source (20min.ch/nxp)

L’atelier pour aveugles de Brigue n’en est pas un

L’Atelier suisse des aveugles et des malvoyants à Brigue (VS) n’emploie aucun aveugle. Et de nombreux produits qu’il vend sont importés.

L’Atelier suisse des aveugles et des malvoyants n’est pas peu fier de son site de Brigue (VS). L’institution, inaugurée en grande pompe en 2005 avec la bénédiction du Conseil d’Etat, a créé une douzaine de postes de travail. Problème: pas une des personnes qui y sont employées n’est aveugle, raconte «Blick».


L’Atelier Suisse des Aveugles et des Malvoyants de Brigue a été fondé en 2005. (Photo: SBWS)

 

Un ex-collaborateur, qui a dû signer une clause de confidentialité et qui s’exprime donc sous le sceau de l’anonymat, confirme. «Personne n’est aveugle dans cet atelier, j’ai moi-même une petite faiblesse des yeux, mais c’est tout.» Selon lui, seule une collaboratrice souffre d’un gros problème visuel. Et si la plupart des employés portent des lunettes, certains viennent travailler en voiture.

«Nous ne trouvons pas de non-voyants»

«Des personnes souffrant de diverses déficiences visuelles travaillent dans cet atelier. Mais il est vrai qu’aucun aveugle n’y est employé actuellement», détaille Ernst Lochmatter, caissier du groupe régional Valais de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants, laquelle détient 20% de l’atelier. «Nous ne trouvons simplement pas de non-voyants souhaitant travailler ici.»

«Ces produits se vendent mieux»

L’entreprise est dirigée par Manfred B et deux de ses frères en Allemagne. Comme aucun d’entre eux n’a voulu s’exprimer, c’est le responsable du personnel basé à Hürtgenwald (Allemagne), Michael K., qui a pris la défense de l’atelier. Il a reconnu que le site de Brigue employait des personnes sans déficiences visuelles majeures mais il n’y voit aucun problème.

Et pour cause. «Les produits fabriqués par des aveugles sont plus faciles à vendre que ceux fabriqués par des personnes souffrant d’autres handicaps», souligne le responsable.

Michael K. défend sa démarche, expliquant que ses employés souffrent d’un handicap physique. «Devrions-nous leur dire qu’elles ne peuvent pas travailler pour nous juste parce qu’elles peuvent voir?»

Vente de produits importés

Si l’atelier ne produit que des balais et des brosses, il vend également des serviettes, des peignoirs ou des chaussettes importés d’Allemagne et d’Autriche. Ces produits, présentés sur le site de l’organisation et dans un catalogue, affichent des prix nettement supérieurs à la pratique. Et sans préciser qu’ils se sont pas fabriqués à Brigue.

C’est une entreprise basée à Saint-Gall qui est chargée de la vente. De nombreux consommateurs se sont déjà plaints à plusieurs reprises des méthodes de marketing très agressives de ce centre d’appel. Son directeur Andreas K. n’hésitait pas à présenter tous les produits du catalogue comme fabriqués à Brigue. Ce qu’a dû démentir la responsable de l’atelier.

La présidente du groupe régional Valais au sein de la Fédération, Manuela Huemer, avait promis une réponse au Blick au sujet de l’atelier. Mais elle ne souhaite plus s’exprimer.

État du Valais pas engagé

L’atelier est soutenu par la Fédération suisse des aveugles, qui en détient une part de 20%. L’association, soutenue par le canton du Valais et la Confédération, sert de caution à l’entreprise qui met en avant cette collaboration à chaque occasion.

«Le Département valaisan de la santé n’accorde aucun soutien financier à cet atelier, a précisé la conseillère d’Etat Esther Waeber-Kalbermatten, lundi. Mais il verse 30’000 francs à la Fédération suisse des aveugles, pour des prestations de conseil uniquement.»

Un cas qui fâche les milieux du handicap

«Nous nous désolidarisons vivement des pratiques de cette entreprise», a réagi lundi l’Union centrale suisse pour le bien des aveugles (UCBA). L’Atelier suisse des aveugles de Brigue avait sollicité l’UCBA en 2006 pour être reconnu par le milieu du handicap visuel. Mais leur dossier «manquait de transparence et de nombreuses questions restaient sans réponse». L’UCBA regrette que de telles pratiques entachent la bonne réputation des organisations reconnues.

Source (nxp)

Numérisation et intégration sur le marché du travail: le Conseil fédéral juge inutile d’envisager d’autres mesures

Dans sa réponse à l’interpellation «Comment la numérisation encourage-t-elle l’intégration des personnes handicapées sur le marché du travail», le Conseil fédéral a estimé qu’il n’était pas nécessaire de prendre d’autres mesures.

La numérisation offre des opportunités, notamment aussi en termes de promotion de l’intégration des personnes handicapées sur le marché du travail. La conseillère PDC Géraldine Marchand-Balet souhaitait savoir dans son interpellation quelles mesures, liées à la numérisation, sont prises par le Conseil fédéral pour tirer profit des chances offertes par la numérisation, compte tenu des inégalités subies par les personnes handicapées sur le marché du travail.

Le Conseil fédéral ne juge momentanément pas utile d’envisager d’autres mesures. Il renvoie notamment au rapport répondant au postulat d’Inclusion Handicap de sa présidente Pascale Bruderer «Environnement de travail inclusif à l’ère de la numérisation» qui devrait être disponible à la fin du premier semestre 2019. Ce rapport prévoit de déterminer le potentiel de la numérisation pour les personnes concernées et de préciser quelles conditions sont nécessaires afin d’exploiter ce potentiel. Le Conseil fédéral renvoie en outre au rapport relatif à la politique en faveur des personnes handicapées, rapport qui souligne l’importance de la numérisation et qui prévoit des mesures concrètes.

Résumé de l’interpellation (non encore traitée au conseil) déposée le 04.06.2018 au Conseil national par Marchand-Balet Géraldine Groupe PDC Parti démocrate-chrétien suisse

L’un des quatre objectifs de la « Stratégie numérique Suisse » est l’égalité des chances. Et, l’une des principales inégalités qui frappent les personnes handicapées est leur intégration sur le marché du travail.

Ainsi, il est évident que la numérisation est une opportunité unique pour faciliter cette intégration. La numérisation a une empreinte sociétale non négligeable. Elle doit donc impérativement être perçue comme une opportunité dans la lutte contre les inégalités et booster l’égalité des chances pour les personnes handicapées sur le marché du travail.

Quelles mesures, liées à la numérisation, sont prises par le Conseil fédéral pour encourager l’intégration des personnes handicapées sur le marché du travail?

En 2016, le Conseil fédéral a adopté la stratégie  » Suisse numérique  » (FF 2016 3801), qui vise à exploiter les possibilités offertes par la numérisation dans tous les domaines de la vie. La stratégie mise sur une étroite collaboration et un dialogue approfondi entre les différents acteurs concernés. L’égalité des chances et la participation de tous à la vie en société font partie de ses principaux objectifs. La stratégie sera mise à jour au cours du 2e semestre 2018.

Dans son rapport sur les principales conditions-cadre pour l’économie numérique du 11 janvier 2017, le Conseil fédéral dresse un état des lieux dans chaque domaine primordial pour l’économie numérique. Le 8 novembre 2017, il a publié un deuxième rapport qui analyse plus en détail les effets de la numérisation sur le marché du travail. Intitulé  » Conséquences de la numérisation sur l’emploi et les conditions de travail : opportunités et risques « , ce rapport répond aux postulats 15.3854 Reynard  » Automatisation. Risques et opportunités  » et 17.3222 Derder  » Economie numérique. Identifier les emplois de demain et la manière de stimuler leur émergence en Suisse « .

Le DFI (BFEH) élabore actuellement un troisième rapport pour examiner plus précisément les opportunités et les risques que présente l’essor de la numérisation et de l’automatisation pour l’inclusion des personnes en situation de handicap. Ce rapport doit répondre au postulat 16.4169 Bruderer Wyss  » Environnement de travail inclusif à l’ère de la numérisation « , adopté par le Conseil des Etats le 7 mars 2017, en abordant les questions suivantes : quels sont les effets de la numérisation sur la situation et les perspectives des personnes en situation de handicap ? Quel potentiel cela représente-t-il pour ces personnes et pour l’économie ? Quelles sont les conditions à mettre en place pour encourager l’autonomie et l’indépendance (financière) ? Quels sont les risques à éviter ? Et, enfin, comment mieux ajuster l’offre et la demande sur le marché du travail tout en garantissant la protection des données ? Le rapport devrait être disponible à la fin du 1er semestre 2019.

Par ailleurs, le rapport du Conseil fédéral sur la politique en faveur des personnes handicapées du 9 mai 2018 souligne l’importance de la numérisation en général et pour l’intégration professionnelle des personnes avec handicap en particulier. Les mesures concrètes qui y sont prévues sont aussi bénéfiques dans ce domaine. C’est notamment le cas de la décision de maintenir le service E-Accessibility du BFEG, qui se penche sur les questions d’accessibilité numérique en lien avec la politique en faveur des personnes handicapées, mais aussi des mesures visant à encourager la production d’informations dans des formats accessibles.

Le numérique est également mis à profit dans le domaine de la formation professionnelle de base et de la formation continue. Les médias numériques sont par exemple utilisés pour éliminer des inégalités (au sens de l’art. 3, let. c, de la loi fédérale sur la formation professionnelle, LFPr). Par ailleurs, la Confédération encourage l’acquisition de compétences de base, dont l’utilisation des technologies de l’information et de la communication. Dans le domaine du travail, cet encouragement repose sur l’art. 55 LFPr et, dans le domaine de la formation continue, sur les art. 8 et 13 ss. de la loi fédérale sur la formation continue (LFCo).

Source: Inclusion handicap/Parlament.ch

Trottoirs surélevés: Pas de «conflits» avec les cyclistes au détriment des personnes handicapées

L’embarquement et le débarquement à niveau dans les trams nécessite de rehausser les bords de trottoirs. Cela peut augmenter le risque d’accidents pour les cyclistes. Dans sa récente réponse à une interpellation, le Conseil fédéral souligne qu’il ne doit pas en résulter de conséquences sur la mise en œuvre de la loi sur l’égalité des personnes handicapées.

Résumé de l’interpellation déposée le 11.06.2018 au Conseil national par Eymann Christoph Groupe libéral-radical Parti libéral démocrate.

La loi sur l’égalité pour les handicapés (LHand) exige l’élimination des inégalités frappant les personnes handicapées. Son application concerne entre autres l’accessibilité des transports publics.

A de nombreux arrêts de tram, le trottoir a été surélevé sur toute la longueur de l’arrêt pour qu’il soit à la même hauteur que le plancher du tram, ce qui facilite l’accès au véhicule. Cet aménagement entraîne cependant des inconvénients pour les cyclistes et les piétons. En effet, le bord de ces trottoirs est si haut qu’on peut le heurter avec les pédales de vélo. Il y a d’ailleurs déjà eu plusieurs graves accidents. De plus, l’espace entre le rail et le trottoir est trop étroit pour y circuler à vélo, et se rabattre sur la surface entre les deux rails est dangereux, surtout lorsque la chaussée est mouillée. Enfin, pour les piétons, ces trottoirs surélevés sont inhabituellement hauts, ce qui a déjà provoqué des chutes et des blessures.

Il est incontestable qu’une amélioration de la mobilité des personnes handicapées est nécessaire. Les « effets secondaires » qu’elle engendre fréquemment aujourd’hui devraient toutefois être limités le plus possible.

Il est possible de remplir le mandat fixé par la LHand en rehaussant le trottoir uniquement à la hauteur de la porte aménagée pour les personnes handicapées, et non sur toute la longueur de l’arrêt. De cette manière, le risque d’accidents pour les piétons et les cyclistes serait réduit.

Je prie le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes:

1. Serait-il autorisé de garantir l’accès de plain-pied non pas sur toute la longueur de l’arrêt, mais uniquement à la hauteur de la porte aménagée pour les handicapés?

2. Tous les arrêts de tram doivent-ils offrir un accès de plain-pied, y compris ceux qui se trouvent à une courte distance d’un arrêt où l’accès au tram est aménagé pour les handicapés?

3. Le Conseil fédéral considère-t-il également que les trottoirs rehaussés représentent un danger pour les cyclistes et les piétons?

Réponse du Conseil fédéral du 22.08.2018

1./3. Le Conseil fédéral est conscient que l’aménagement d’arrêts de trams donne lieu à un conflit d’objectifs entre les besoins des personnes à mobilité réduite et ceux des cyclistes. En 2010, la section bernoise de l’association faîtière ProVelo, avec le concours de l’Office fédéral des routes, a réalisé une enquête par rapport à l’impression subjective des cyclistes vis-à-vis des arrêts de tram dont la hauteur des quais permet aux personnes en chaise roulante d’accéder aux véhicules de manière autonome. Conclusion de cette enquête : bien que les cyclistes se sentent mal à l’aise à cause du risque potentiel de toucher le bord du quai avec la pédale, ils se sentent tout autant insécurisés quand de nombreuses personnes attendent sur le quai et peuvent soudainement pénétrer sur la voie. Les arrêts des transports publics sont, indépendamment de la hauteur des trottoirs, des lieux où tous les usagers des transports doivent se montrer particulièrement prudents. Si les besoins en sécurité des cyclistes priment l’intérêt des personnes à mobilité réduite de disposer d’une possibilité d’embarquement/débarquement autonome à plusieurs portes du véhicule, il est possible de réaliser des rehaussements partiels au lieu de rehaussements sur toute la longueur du quai.

2. En principe, chaque arrêt de tram doit répondre aux conditions d’infrastructure permettant un embarquement de plain-pied sur au moins un accès par rame de tramway. En fonction de l’effort économique, des intérêts opérationnels, des préoccupations de sécurité des transports ou de la protection du patrimoine culturel et selon les avantages escomptés pour les personnes vivant avec un handicap, il est possible de procéder à des dérogations. Dans ce cas, l’entreprise de transport doit proposer une solution de remplacement adéquate. Conformément à l’ordonnance sur les aménagements visant à assurer l’accès des personnes handicapées aux transports publics (OTHand, RS 151.34), cette solution de remplacement doit être mise en œuvre par l’intermédiaire du personnel de l’entreprise.

Source: Parlament.ch

Environ 65% des gares suisses ne sont toujours pas adaptées aux handicapés

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Quatorze ans après l’entrée en vigueur de la loi fédérale sur les inégalités pour les handicapés (LHand), seules 35% des gares en Suisse sont adaptées aux personnes handicapées. Le délai d’adaptation est fixé à fin 2023.

Sur les quelque 1800 gares en Suisse, les CFF doivent en réaménager 747, les autres étant de la responsabilité de compagnies de transports régionales ou des collectivités. L’ancienne régie fédérale indique en avoir adapté 435 à ce jour.

Certains travaux seront effectués hors délais, comme à Berne où deux quais seront réhaussés après 2023. « Il s’agit souvent de travaux qui demandent un investissement significatif. Il convient de les coordonner avec d’autres travaux à effectuer », explique à la RTS l’Office fédéral des transports, qui coordonne les chantiers.

A l’instar de Berne, plusieurs gares en Suisse romande ne sont toujours pas conformes à la LHand. C’est le cas des gares de Genève-aéroport, de Fribourg et de Neuchâtel.

Les accès au bus également concernés.

Par ailleurs, les accès aux bus ne sont pas non plus partout aux normes. A La Chaux-de-Fonds par exemple, 163 arrêts doivent être adaptés pour des coûts estimés à plus de 2,5 millions de francs. La ville neuchâteloise a d’ores et déjà annoncé des dépassements de délais.

« Ca va être extraordinairement difficile de respecter les délais (…) Évidemment, tous les arrêts de bus construits aujourd’hui sont aux normes et nous priorisons en fonction de l’arrêt. Par exemple cette année on va adapter les arrêts de bus de l’hôpital de la ville », explique le conseiller communal Théo Huguenin-Elie.

C’est surtout hors des grands centres urbains que des retards sont prévus. « Les petites communes font rarement des planifications globales », observe Laurent Demarta, architecte-conseil chez Pro Infirmis.

Miroslav Mares et Matthieu Oppliger/hend

(RTS.ch)