Des aveugles et malvoyants en visite à l’armée

Passer une journée comme les autres. C’est le leitmotiv du camp, organisé par la section vaudoise de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants (FSA), qui rendait visite aux soldats de l’école de recrues d’artillerie 31 à Bure. L’occasion pour ces jeunes, qui ne pourront jamais faire l’armée, de toucher et sentir des objets ou des odeurs présents dans le quotidien militaire.

12.08.2016
Communication des Forces terrestres, Letizia Paladino

Les chiens guides d’aveugles deviennent des compagnons vitaux pour certains aveugles ou malvoyants.

A Chavanne de Bogis (VD), la journée a commencé très tôt. Un réveil matinal bien accueilli par les jeunes aveugles et malvoyants attendus pour un vol en hélicoptère en direction de la place d’armes de Bure (JU). «Cette semaine est un peu spéciale», explique Charles-André Roh, président de la section vaudoise de la FSA. «C’est la deuxième année que nous proposons un camp pour les jeunes handicapés de la vue de Suisse romande. Si notre priorité est de leur offrir des animations sortant de l’ordinaire, le but principal de cette expérience est indéniablement de favoriser l’échange entre aveugles ou malvoyants et personnes sans handicap visuel du même âge.»

Tour en char, repas avec la troupe et tenue NBC

Pour cette journée avec l’armée, les responsables de l’école de recrues d’artillerie 31 ont concocté un programme sur mesure pour les jeunes adultes et malvoyants de la FSA. La matinée a débuté par un tour en char et s’est poursuivie par un repas avec la troupe. «C’était intéressant de voir les véhicules en vrai depuis l’intérieur, je ne pensais pas que c’était comme ça», confie José, malvoyant. Et Blinera, aveugle d’ajouter : «J’ai adoré la balade en char, ça secoue beaucoup mais c’est amusant.» Du côté de la troupe, les soldats sont surpris par la réaction de leurs camarades. « Je trouve vraiment bien que l’armée organise des journées comme aujourd’hui. Des jeunes de notre âge qui ne pourront jamais faire l’armée peuvent avoir un aperçu de notre vie à l’armée», se réjouit le sergent Reda Ahssayene. «Je ne pensais pas qu’ils seraient aussi heureux de faire un tour en char. Ça me réjouit encore plus d’avoir pu les accompagner.»

Tout le monde a ensuite pris la direction du village d’exercice de Nalé pour la pause de midi. Comme à l’armée, les jeunes ont fait la queue pour recevoir leur repas qu’ils ont pris à l’extérieur avec la troupe. Les « oh mais c’est trop bon!» et les «on mange vraiment bien à l’armée» n’ont pas tardé à faire leur apparition et les repas ont été engloutis en moins de temps qu’il faut pour le dire.

«L’armée nous a offert des prestations et du cœur»

Pendant l’après-midi, les jeunes ont pu avoir un aperçu du travail des samaritains avant d’enfiler des protections auditives pour assister à un exercice de tir. La journée s’est terminée avec l’essayage des tenues NBC utilisées en cas d’attaque chimique.
L’idée de cette journée, un peu particulière, est née lors du passage de la brigade blindée 1 à l’exposition «Ton Armée», au Comptoir Suisse, à Lausanne. «J’ai profité de cette occasion pour discuter avec le brigadier Yvon Langel et pour lui faire part de mon envie de proposer un tour un char à des jeunes adultes pendant notre camp d’été. Il a dit qu’il s’occupait de tout», explique Charles-André Roh. «L’armée nous a vraiment offert des prestations et du cœur et nous la remercions.»